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Calciner

Calciner
Ses cheveux masquaient son éternel abandon, sa déchéance et sa douleur véhémente. Son visage parsemé de goutte de morosité se camouflait sous son épaisse chevelure. Il la regardait, sans trop savoir ce qu'il se passait. Ses épaules tremblèrent, il fronça les sourcils.

-Tu pleures ?

S'inquiéta t-il. Il n'osait pas l'approcher. Les couloirs étaient vides, et la voix du brun résonnait fortement.

-Pourquoi tu pleures ?

Continuait-il, il se pencha légèrement. Elle ne voulait pas découvrir son visage ravagé par le chagrin.

-Parce que je t'aime.

Lâcha t-elle soudainement. Sa confession lui arracha la langue. Un poids prit possession du corps du jeune homme, il partageait son mal à présent. Parce qu'aimer ça ne se contrôle pas, et qu'il ne contrôlait pas son amitié comme il ne contrôlait l'attirance et le désir. Si il avait pu, il l'aurait consolé, rassuré, embrassé lui offrant de douces paroles et le bonheur d'être à deux. Mais sa lacune, sa frustration sentimentale le vidaient, il se sentait impuissant et horriblement mal. Il n'osait plus la toucher, de peur d'approfondir la plaie. Il avait conscience de sa douloureuse présence. Il savait à quel point il la torturait. Il glissa le long du mûr, incapable de faire autre chose. Il la laissait se libérer, il la laissait pleurer. Son ventre se tordait, il était parcouru, traversé par la souffrance de la frustration. Il portait le poids de leur déchirure.

# Posté le mardi 20 novembre 2007 16:14

Modifié le vendredi 21 décembre 2007 13:04

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