Je brûle, je m'éteins face à cette envie frémissante de plus toujours plus. Ma passion me consumme, elle se mue en une démence insaisissable. Les mots me manquent, je ne ressens rien et pourtant les mots traversent mes doigts et viennent se déposer sur ses papier immatériel. L'envie et l'ambition m'habitent, mais j'ai si peur qu'elles me quittent, que j'en gâche mon plaisir. La réflexion et l'inhumaine connaissance m'attendent sagement sur ce canapé. Mais je n'ose les toucher. Je sais que ma candeur s'envolera avec. Poser à plat mes pensées, et je ne m'en laisse plus envahir. Je prends peur face à la connaissance et pourtant mon désir inassouvi d'en savoir toujours plus m'étire vers ce monde désillusionné. Je lis les mots, ils me touchent et me donnent envie d'y réfléchir, toujours plus, toujours plus loin, et pourtant tout ça me violence. Parce que ce sujet m'appartenait et qu'aujourd'hui je l'ai misérablement applati sur cette feuille de papier. La nostalgie de l'émotion me gagne. Jamais je ne ressentirai ces mêmes mots de la même manière. Et pourtant l'ambition de progresser est là et elle combat avec impétuosité mon ingénuité encore fleurissante. Mon jeune âge m'offre cette candeur que j'enfouie sous la réflexion. Et je progresse.
