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Fuck

Fuck

Les gens le cherchent, ils s'affolent, et pourtant, ils devraient avoir l'habitude. A la radio, on annonce sa disparition, dans la fosse, le public se demande pourquoi le concert ne commence pas. Et d'ailleurs, tout le monde sait, qu'il peut ne pas venir.
Il est assis, sur le toit de l'Olympia, et il s'envoie en l'air avec son héroïne. Il flotte, s'enfume et s'enferme. L'idolâtrie disparaît, et s'embrase avec lui. Il se quitte un instant, et c'est bon. Il s'évade de sa souffrance quotidienne, où il se sent incompris par un trop plein d'attention. Tous ces gens qui l'adulent. Qu'il fasse de belles choses, où qu'il crache son mépris, ils se contentent d'applaudir. Fuck Forver, il redescend et se lance. Il sort de sa cachette, sous le regard silencieux du reste du groupe. Eux aussi l'admirent. Son égo se gonfle encore un peu, il n'attend qu'une seule chose, qu'il explose. Il serait libéré de toute cette vanité qui le ronge, et qui ne lui ressemble terriblement pas. Il avait été trop poreux, trop pure, dans ce monde d'icônes. Il enfonce son chapeau sur sa tête, un pas puis deux. Tout est flou, il n'est ni excité, ni nerveux, il plane totalement. Il entre sur scène. Il joue les premiers accords. Le public réagit instantanément, mimant la transe, alors que la musique écorche les oreilles. Il s'arrête en plein milieu, ça ne va pas, le son est mauvais. Le public n'exprime même pas sa frustration. C'est pathétique. Il ne supporte pas cette soumission invraisemblable. Il ne peut que cracher d'autant plus son mépris. A nouveau les notes martèlent les mûrs. Il ne peut s'imprégner de sa musique. Le public n'est pas en phase avec lui, les gens agissent mal. Il leur hurle sa souffrance, alors qu'eux ne font que s'émouvoir de sa présence. Il les hait un instant, puis il s'enfonce dans sa douleur. Il est dégoûté d'être là, il ne veut plus attirer les regards idylliques des gens. Il se retourne, il veut se fuir lui-même. Il n'en peut déjà plus d'être là. Il s'allume une cigarette, tout en continuant de chanter. Plus rien n'a d'importance, il ne se respect plus. Et pendant un instant, il décolle admirablement, l'émotion vibre entre les mûrs mais il n'en peut plus. Le dégoût lui remonte à la gorge. Et la colère déchire ses veines. C'est la dernière chanson depuis qu'il l'a décidé, il balance son micro dans les airs, et le laisse retomber au sol dans une onde débordante d'hystérie. La foule est émerveillée. Il est fatigué. Il s'en va.



# Posté le dimanche 20 janvier 2008 11:35

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