Haine

Haine


Je ressasse ma colère, elle bat sous me peau charnue. L'Homme me dégoûte tellement en cet instant. Et je regrette la pureté de l'inconscience. La haine a tâché ma peau, et je n'essaie pas de l'assainir. Mon coeur se serre, et je sens la facilité avec laquelle je pourrai me laisser aller à ce sentiment qui me dépasse. Mon coeur est atrophié par la rage. La colère, ce n'est qu'un mélange de faiblesse et de puissance. La grandeur de mon coeur se diminue et mon humanité avec. Mes sentiments se choquent et s'entre-choquent. Et la vigueur de ces collisions m'effraie. Je n'ai plus de patience pour rien, mes doigts tremblent quand j'écris ces lignes. Je me retiens d'imploser, mon corps est saccagé par la haine. Je tente de me calmer, mais je me souviens à nouveau de l'origine de ma hargne, et à nouveau je me laisse envahir par les spasmes de ma tourmente. Mon effervescence se meurt par mes yeux. En effet, mes deux fentes laissent jaillir les larmes de ma douleur. Je me contient et me retient. Tout tremble en moi, et bientôt je me laisserais emporter par la haine, cette fureur destructrice. Mon crâne me fait mal. Cette agressivité tambourine contre les parois de mes formes, le mal raisonne. Je veux me calmer, je déclenche la musique. Celle qui sommeille en moi mais qui finie par s'étreindre avec mon ouïe. Un flux magistral de sérénité me traverse, tout s'extirpe de mon corps par la simple voix de mon ouverture. Des pieds à la tête tout s'envole, et je redescends. Mes mains cessent leur tremblement et je peux à nouveau écrire ces lignes spontanées avec plus de douceur et moins d'amertume.


# Posté le mardi 15 janvier 2008 15:36

Fuck

Fuck

Les gens le cherchent, ils s'affolent, et pourtant, ils devraient avoir l'habitude. A la radio, on annonce sa disparition, dans la fosse, le public se demande pourquoi le concert ne commence pas. Et d'ailleurs, tout le monde sait, qu'il peut ne pas venir.
Il est assis, sur le toit de l'Olympia, et il s'envoie en l'air avec son héroïne. Il flotte, s'enfume et s'enferme. L'idolâtrie disparaît, et s'embrase avec lui. Il se quitte un instant, et c'est bon. Il s'évade de sa souffrance quotidienne, où il se sent incompris par un trop plein d'attention. Tous ces gens qui l'adulent. Qu'il fasse de belles choses, où qu'il crache son mépris, ils se contentent d'applaudir. Fuck Forver, il redescend et se lance. Il sort de sa cachette, sous le regard silencieux du reste du groupe. Eux aussi l'admirent. Son égo se gonfle encore un peu, il n'attend qu'une seule chose, qu'il explose. Il serait libéré de toute cette vanité qui le ronge, et qui ne lui ressemble terriblement pas. Il avait été trop poreux, trop pure, dans ce monde d'icônes. Il enfonce son chapeau sur sa tête, un pas puis deux. Tout est flou, il n'est ni excité, ni nerveux, il plane totalement. Il entre sur scène. Il joue les premiers accords. Le public réagit instantanément, mimant la transe, alors que la musique écorche les oreilles. Il s'arrête en plein milieu, ça ne va pas, le son est mauvais. Le public n'exprime même pas sa frustration. C'est pathétique. Il ne supporte pas cette soumission invraisemblable. Il ne peut que cracher d'autant plus son mépris. A nouveau les notes martèlent les mûrs. Il ne peut s'imprégner de sa musique. Le public n'est pas en phase avec lui, les gens agissent mal. Il leur hurle sa souffrance, alors qu'eux ne font que s'émouvoir de sa présence. Il les hait un instant, puis il s'enfonce dans sa douleur. Il est dégoûté d'être là, il ne veut plus attirer les regards idylliques des gens. Il se retourne, il veut se fuir lui-même. Il n'en peut déjà plus d'être là. Il s'allume une cigarette, tout en continuant de chanter. Plus rien n'a d'importance, il ne se respect plus. Et pendant un instant, il décolle admirablement, l'émotion vibre entre les mûrs mais il n'en peut plus. Le dégoût lui remonte à la gorge. Et la colère déchire ses veines. C'est la dernière chanson depuis qu'il l'a décidé, il balance son micro dans les airs, et le laisse retomber au sol dans une onde débordante d'hystérie. La foule est émerveillée. Il est fatigué. Il s'en va.



# Posté le dimanche 20 janvier 2008 11:35

Puiser

J'ai envie de le haïr alors que je pourrai simplement l'aimer.

L'indifférence mène à la douleur, la douleur mène à la peine, la peine mène à la colère, la colère mène à la haine, la haine mène à la souffrance.

Je puise ma haine dans son indifférence.


Les yeux suintants du jeune homme se posent sur ce visage grossier. Son regard brille, il écume l'amour. Il sent ce charme palpiter dans son fort intérieur. Il souhaiterait éponger sa frustration par de douces caresses. June les regarde. Déchirée par cette complicité. Mais aussi fendue par cette incohérence. Ce triangle infernal où un homme désir une femme alors qu'il est désiré par une autre, l'exaspère. June a dépassé sa jalousie, à présent elle le trouve simplement pathétique, mais sa souffrance est voilée par la haine qu'elle porte à ce couple infait. Elle le hait de son air aveugle, elle le hait de son ingénuité amoureuse. Elle ne se compare même plus à Eve, son accablement l'en empêche. Tel un félin blessé, elle ne peut qu'hurler sa douleur, allongée au sol. Et ce cri de souffrance se mue lentement en un crachat acide. Elle est virulente et il la croit mauvaise. Au moins, elle ne lui est plus indifférente.
Puiser

# Posté le mardi 22 janvier 2008 13:18

Modifié le vendredi 25 janvier 2008 13:05

Ruelle

Ruelle


Scénario 1:

Le jeune fille avance, dans un roulement de hanche, ses doigts sont refermés sur sa cigarette. Elle la porte à ses lèvres. Son sac lui pèse sur l'épaule. Le vent claque contre son visage. Elle presse le pas, pour se réchauffer. Elle passe devant une ruelle. Elle aperçoit au loin la silhouette de Lucas. Elle s'arrête, un sourire orne ses lèvres. Elle change de direction, sa démarche s'accentue. Le claquement de ses talons sur le bitume, résonne dans son corps. Lucas ne l'entend pas arriver, ses écouteurs sont vissés dans ses oreilles, et il préfère entendre la voix du chanteur de Radiohead plutôt que l'arrogance désaccordée de la voix de Katie. Son affreux gros sac est posé au sol, il n'aime pas l'avoir sur le dos. Katie s'approche toujours plus. Elle est sûr d'elle. Il ne la regarde même pas. ll s'aperçoit de sa présence lorsque sa fine main vient recouvrir la peau clair de son bras. Elle est froide et le geste se veut concupiscent. Mais Katie s'aventure trop rapidement dans le dangereux tunnel du caprice et de la demande opportune de l'autre. Elle presse ses lèvres contre les siennes, dans un geste rugueux, brutal. Il pousse un gémissement de mécontentement. Il plaque ses mains contre les épaules frêles de la jeune fille, et la repousse. D'un revers de manche, il essuie le flatulent contact qui les a lié, un instant. Juste un instant. Elle n'y croit pas. Il la regarde avec incompréhension et dégoût. Il ne lui en faut pas plus pour s'éloigner de lui. La honte lui brûle les joues. Son impudeur la perdra.

Scénario 2: d'elle

Katie regarde autour d'elle, allume une cigarette et reprend sa marche lente mais determinée. Sur le boulevard, elle tourne à sa droite, puis à gauche, et se retrouve dans une ruelle vide, ou presque. A l'autre bout, elle aperçoit Lucas, seul, beau. Il tire une latte sur sa cigarette, lève les yeux, l'aperçoit. Katie continue d'avancer, la démarche chaloupée, l'air assuré. Ils se fixent, se rapprochant lentement l'un de l'autre. Une fois arrivée à son niveau, Katie pose une main sur la poitrine du jeune homme et le salue à voix basse.
Ils ne détournent pas le regard. Leurs visages sont à quelques centimètres l'un de l'autre, leur respiration est au même rythme, leur souffle s'emmêle. Lentement, Katie approche ses lèvres de celles de Lucas et les y dépose avec assurance. La main du jeune homme glisse dans le dos de la blonde, il l'attire contre lui, respire son parfum, goûte à ses lèvres, les yeux fermés.
Elle se sépare de lui, lui lance un regard chaleureux.

- Bon bah... A la prochaine.

Elle le dépasse, mais il la rattrape par le poignet. D'une voix rauque, éperdue, il la supplie d'attendre un instant. Et par une simple pulsion de son poignet il l'attire de nouveau tout contre lui. Le baiser se fait passioné, fougueux, et doux à la fois. Puis il lui sourit et s'en va.

# Posté le jeudi 24 janvier 2008 14:52

Critique de fiction






Si vous voulez savoir ce qu'on pense de vos écris, allez ici. Critique objective et qui me paraît très juste, après je vais pas non plus trop la flatter, étant donné la magnifique critique qu'elle a élaboré sur mon travail, ce serait m'élever seule. En tout les cas, je vous conseille d'aller y jeter un coup d'oeil.
Voilà bisous !





# Posté le vendredi 25 janvier 2008 11:59