Ascendance

Ascendance
La jeune fille, accrochée à la rambarde, se penche vers l'avant. Ses cheveux dégringolent sur son visage. Ils voilent sa peine. Ses bras portent son corps, elle se balance. Ses larmes peignent le bitume d'une amère tourmente. Sa pensée la torture. Sa frustration la mène avec lenteur sur le chemin de la folie, de la passion refoulée. Et déjà ses images, où elle se trouve entre ses bras, nue, râlant de plaisir, leurs deux corps s'étreignant comme deux lèvres, en sont la digne preuve. Et ce genre de charme revient le plus souvent possible dévorer ses certitudes.
La foule autour d'elle la dissimule un peu. Elle attend qu'il passe. Elle ne sait pas vraiment pourquoi. Pour le voir. Mais sa chimère, malgré qu'elle fut bien réelle, l'enfonce toujours plus dans son pathétisme vain. Elle se contente d'observer les pieds des gens, elle saura le reconnaître. Et en effet, lorsqu'il passe le pas du portail, elle reconnaît ses chaussures, et sa démarche sonne fascination à son oreille. Elle lève les yeux vers lui, ils brillent de larmes. Les doigts du jeune homme sont étreints et emprisonnés par ceux d'une autre. Ils sont collés l'un à l'autre, et ce couple tiède la terrorise. Ils passent devant elle, il lui adresse un sourire éphémère qui se meurt dans un échange de baiser. La passion la ronge de l'intérieur, elle n'arrive déjà plus à pleurer. Elle attend que le couple s'éloigne juste un peu. Puis dans un élan de démence, elle l'appelle, il se retourne.

-Je t'aime !

Il fronce les sourcils. Ses paroles flatulentes s'éteignent dans ce vent froid d'hiver. Il n'a pas entendu, il l'interroge du visage. Et justement, sur ce visage terrassé par l'ascendance de l'amour, il saisit une grâce qu'il a lui-même oublié de chercher en lui. Sa mélancolie et sa sérénité s'étreignent et s'évertuent, créant en elle une bile silencieuse qui divulgue sa tiède nitescence sur ses cheveux évasés par le vent. Il sent qu'il est tiré vers l'arrière par la main qu'il a secrètement choisit. Il s'en va.

# Posté le dimanche 27 janvier 2008 05:36

Lueur

Lueur
Mes cheveux ondulent dans l'épaisseur de la nuit, pénétrés par le vent qui leur offre une impulsion terrifiante. Ma sombre silhouette parcours le trottoir, et je ne veux pas tourner à ce rond point. Ma route était éclairée et m'aventurer dans les profondeur nébuleuses m'effraie. Je sais que pour arriver à destination, mes pieds doivent exercer une rotation sur le reste de mon corps. Je connais le chemin, et pourtant les lampadaires n'éclairent plus cette partie de la ville. Il fait nuit noire, et mes yeux luisent dans les ténèbres. Je préfère l'appeler, il viendra me chercher.

-Oui c'est moi. Tu peux venir me chercher ?
-Bien sûr mais t'es où ?
-Sur le grand boulevard, j'ai peur de tourner seule.
-Pourquoi ça ?
-Ta rue n'est pas éclairée.


Il n'ajoute rien et raccroche. Peut être me trouve t-il stupide. Je n'en sais rien, mais il ne me jugera pas. Je m'assieds sur un banc. Je l'attends. Je lève la tête, pour scruter le ciel. Les étoiles brillent. Et cet amas de lueur glisse sur moi comme un voile tiède caresserait mon visage. C'est si agréable. Je me surprends à souhaiter que la lumière artificielle des lampadaires cessent de m'aveugler. Mais déjà des doigts chauds se posent sur mes épaules dénudées. Il est déjà arrivé.

# Posté le mercredi 30 janvier 2008 12:30

Modifié le samedi 09 février 2008 10:12

Extraits

Extraits
-Tu te souviens pas ? C'est le passage où elle lui dit que tout va bien, alors que son homme est mort.

Les grands yeux bleus de la jeune femme parcourent ceux de son amie. Elle ne semble pas réagir.

-Bon, je vais te lire le passage.

Dit-elle avec entrain. Son regard passionné parcourt la page qu'elle s'apprête à lire. Et d'une voix entraînante et balancée, elle articule:

La jeune fille pleurait, ses mains tremblantes soudoyaient les vêtements de son ami pour venir se loger près de sa chaleur rassurante.
Il n'aimait pas à la voir comme ça, si vulnérable et désemparée.
-Que se passe t-il ?
Questionna t-il, d'une voix chaude.
Ses larmes inondèrent d'autant plus son visage de sucre. Dans un bagayement atrocement confus, elle parvint à murmurer:
-Ri ... Rien ... du ... tout.
Le mensonge écorchait sa gorge et battait dans ses tempes. Elle ne voulait pas être plainte, elle ne voulait plus attirer l'attention. Une simple consolation lui suffisait. Après tout, personne n'avait eu connaissance de l'existence de son homme. Elle se souvenait encore de l'odeur de sa peau, une senteur à la fois savonneuse et laiteuse s'imprimait dans ses pores, et il lui suffisait de presser son corps contre le sien, pour que l'effluent l'enivre et qu'il embaume ses sens.
La main caressante du jeune homme, continuait d'effleurer cet amas de désespoir. Il supportait mal qu'elle lui mente, mais il ne pouvait rien faire d'autre pour elle, que de lui apporter un soutient de tendresse. Il embrassa ses cheveux, elle s'accrocha à son pull, le serrant toujours plus contre elle. Il glissa l'une de ses mains dans sa chevelure, remuant le crin. Ses pouces exécutaient de légères rotations sur son cuir chevelu, il la détendait. Et en effet, ses pleurs s'estompèrent. Son visage, écumé par le chagrin, se détendit. Sa grimace laissa place à une expression à la fois froide mais souffert par la déception.


-Oui, maintenant je me souviens. Moi j'aime le passage où ils sont tous les deux allongés par terre.
-Lorsqu'ils observent le ciel ?
-Oui.
-Lis moi le passage s'il te plaît.


La jeune brune s'exécute, et ses yeux couleurs cendres dévorent déjà les lignes lorsque que ses lèvres murmurent les mots:

Le dos posé et emprunt par la forme arrondie de l'herbe, la poitrine haletante, elle respirait avec le plus de conscience possible. Elle aimait sentir l'air qui entrait, qui nettoyait ses poumons embrumés par l'amour puis qui sortait, emportant avec lui ses paroles emprisonnées, parce qu'elle ne lui avait encore jamais dit qu'elle l'aimait. Elle se sentait plus légère, soulagée. L'air chaud de l'été était à la fois assommant mais ô combien doux. Il lui semblait qu'elle était sous une cascade d'eau chaude où la lumière glissait sur elle, blanche et tiède, sur ses mains, qui enveloppait doucement ses épaules et son visage. Cette lumière semblait vouloir pénétrer dans son être car, toute fatigue s'était brusquement éloignée d'elle. Elle respirait, délivrée, en toute sérénité et avec une volupté neuve qu'elle savourait sur ses lèvres, comme un pur breuvage, l'air doux, purifié et enivrant qui portait en lui l'haleine fruitée des parfums et des saveurs d'été. La paresse s'immisçait lentement en elle, et son désir sensuel de s'unir à cet état s'emparait d'elle. Mais la main étonnamment fraîche de son homme, se posa alors sur son ventre, exerçant de tendres caresses, il aspirait avec lui cette indolence à la fois active, mais qui ne lui convenait pas en cet instant où son intimité frémissante s'agitait au creux de son bassin. Elle resta couchée et se laissa aimée, attentive à son amour doux et profond comme la mer qui vers elle montait comme vers sa falaise. Les hanches chavirantes du jeune homme, caressaient avec aisance les reins de l'Antiope. Fulminant à son amour et en quelques soupirs, le Jupiter s'épancha jusqu'à frôler les nuages

-C'est avant qu'il meurt, cette scène ?
-Non, enfin oui, mais c'est un souvenir qu'elle se remémore après sa mort. Le début de l'histoire commence avec son décès, à partir de là commence la déchéance de la jeune fille.
-Je ne me souviens pas d'avoir lu quoi que ce soit concernant de la débauche.
-Je n'ai pas dit débauche, j'ai dis déchéance
.

Rétorqua la brune.

-Lis-moi un passage de déchéance alors, que je me souvienne.

A nouveau, la jeune fille aux cheveux obscurs posa le livre dans ses doigts couleur ambre:

Ni larme, ni plainte, juste une plaie luisante et suintante d'où s'écoulait sa peine. Elle s'allongea sur son lit, elle n'arrivait plus à penser, ni à rêver. Son imagination s'estompait ne laissant aucune trace d'inspiration. Elle sentait un creux au fond d'elle, qui l'attirait toujours plus vers le bas. Elle ne voulait pas descendre plus bas qu'elle ne l'était, mais elle n'avait pas non plus la volonté de se relever. Elle luttait donc simplement pour rester où elle était.

-Ce passage est suffisamment clair je crois.

# Posté le lundi 04 février 2008 14:17

Modifié le vendredi 08 février 2008 17:50

Histoire de se ranger docilement dans le rang de ces blogs :)

Victimisée par elle

7 choses à faire avant de mourir :

1 - Vivre à New-York
2 - Apprendre à faire de la musique
3 - Avoir une culture suffisante pour fonder certains de mes propos et ne plus réfléchir sur de l'air
4 - Vivre une belle histoire d'amour.
5 - Ne plus être allergique aux chats [je les aime ces bêtes]
6 - Allez faire un tour au Japon
7 - Voir mon frère grandir


7 Groupes ou Chanteurs :

1 - Everything but the girl
2 - Angela Mccluskey
3 - Radiohead
4 - Fool's Garden
5 - Michael Jackson
6 - Babyshambles [--']
7 - The Charlatans


7 choses à savoir sur moi :

1 - J'aime profondément la musique
2 - J'aime pas les pommes de terres
3 - La bêtise a tendance à m'agacer, mais je suis en train d'apprendre à me contrôler
4 - Je pleure jamais en lisant, même un truc magnifique
5 - Je suis une grosse quiche en français, mais je travaille pour ne plus l'être :D
6 - Je fais peur aux gens [--']
7 - J'ai découvert le réel goût de la lecture l'année dernière


7 choses que je dis tout le temps :

1 - Putain de merdeuuuh ! [oui je sais c'est pas beau]
2 - Bordel de chiasse ! [oui je sais c'est pas beau]
3 - Nique sa race ! [oui je sais c'est pas beau ... bon j'arrête avec les insultes :D]
4 - Ah ouai ? C'est vrai ?
5 - C'est pas cool
6 - Mais réfléchis à ta question !
7 - Tu vois ?


7 morceaux :

1 - Suzy [Fool's Garden]
2 - Unitended [Muse]
3 - A Man Needs A Maid [Neil Young]
4 - A Rain Song [Led Zeppelin]
5 - Love Will Tear Us Apart [Joy Divison]
6 - Maybe not [Cat Power]
7 - Hope There's Someone [Antony And The Johnstons]


7 Victimes :

Je suis gentille ... personne :D

# Posté le mercredi 06 février 2008 15:08

Passion

Passion

Ses lèvres s'ouvrent et laissent s'échapper une lamentation muette, je devine sur son visage, des larmes d'émotions. Je crois qu'il voudrait gémir la beauté de sa sensation mais il ne cesse de bavasser des paroles inutiles. Il n'arrive pas à décrire son émotion. S' il savait à quel point son visage pleure sans eau. S' il voyait la marque de son émoi sur ses traits tendres, il se tairait simplement. Seulement sa voix s'enflamme et brûle sa gorge, alors il crache son érubescence. Je le regarde, fascinée par la passion qui l'habite en cet instant. Je devine le tremblement de son coeur et les vibrations de ses perceptions. Il est ouvertement traversé par la beauté. Et son bouleversement m'émeut. Mes yeux dévorent son expression mouvante, ses larmes invisibles. Je sais qu'en lui, il se produit un crépitement effervescent et je trouve ça beau. Je sens qu'il se retient, la pudeur l'empêche de se lâcher totalement, mais sa submersion émotive le trahi. Il ne maîtrise plus rien. Je fabule face à cet être totalement soumis et dominé par un sentiment enivrant.


# Posté le vendredi 08 février 2008 17:35

Modifié le samedi 09 février 2008 10:11